SALOME & MASTERMIND

L’interview de Salomé et de son Maître.

D-Mag : depuis quand pratiquez-vous le sado-masochisme ?

 Mastermind : Depuis 5 ans maintenant. Après une longue discussion, nous avons découvert que Salomé avait des désirs de soumission et moi exactement les penchants inverses. A l’époque nous avions des rapports très tendus, électriques. Nous avons essayé de comprendre pourquoi nous avions ces rapports de force. Nous n’avions à l’époque aucune idée de ce qu’était le SM tel que nous le pratiquons actuellement. Nous sommes d’abord allés chercher du côté de l’échangisme, nous rendant tout de suite compte que cela n’avait pour nous aucun intérêt. Nous sommes alors allés voir du côté des minitels spécialisés (36-15 Démonia par exemple). Il s’agissait alors de choses plus privées. Dans un deuxième temps nous sommes allés en soirée, les soirées d’Aladin plus particulièrement. Quand Aladin a arrêté ses soirées nous avons repris le flambeau au Clos Palissy. Enfin, nous avons continué nos soirées à l’Overside. Il y a eu un véritable effet boule de neige : les soirées, les interviews, les photographes, les spectacles …

D-Mag : J’ai remarqué que vous utilisez souvent la fleur de lys. Qu’est-ce que cela symbolise ?

Salomé : Je me suis fait marqué une fleur de lys au fer rouge à l’épaule droite. On avait l’habitude de marquer ainsi les prostituées sous la monarchie … Je me souviens d’une scène dans le film Angélique, Marquise des Anges où elle y échappe de justesse … Pour moi le branding signe l’appartenance plus encore que le piercing ou le tatouage.

D-mag : Tu me parles d’Angélique, as-tu d’autres souvenirs d’enfance liés au SM ?

Salomé : j’ai longtemps fantasmé sur les scènes SM et érotiques dans Angélique. C’était un univers qui me fascinait. Sinon j’ai lu Sade plus tard, vers douze ans, trouvant le livre dans la bibliothèque de mes parents. J’en garde plus des flashs, des scènes que des souvenirs précis. J’ai toujours eu envie d’être enlevée, attachée, d’être quelqu’un qui obéit à une volonté toute puissante. Quant à mon mari il s’est souvenu de rêves alors qu’il était préadolescent dans lesquels il faisait subir les derniers outrages à des jeunes femmes dans des caves …

D-Mag : Vivez-vous au quotidien ces rapports domination/soumission ?

Salomé : dans notre vie de couple il n’y a pas de dominant ou de dominé. J’ai toujours mon mot à dire. Cependant, dès que nous avons du temps libre, nous le consacrons au maximum aux jeux SM.

D-Mag : Quels projets avez-vous pour l’avenir ?

Salomé : j’aimerai écrire un livre pour raconter notre histoire. J’aimerai ne pouvoir exister que dans cette bulle mais en la présence de notre fille cela est impossible. J’ai envie que nous réalisions un beau film SM dans la même veine qu’ Histoire d’O, mais ceci est aujourd’hui de l’ordre de l’utopie. J’aimerai également faire une petite collection d’images que des photographes comme Chouraqui, Dahmane … mais aussi JP ont faites de moi, ce dernier souhaitant faire une expo ou éditer ces photos.

                                                                                    Propos recueillis par Méduse

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